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Sénégal/ Idrissa DIABIRA, Directeur général, ADEPME : « Au Sénégal, sur 100 entreprises, il y a que 3 entreprises qui ont des états financiers »

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Sénégal/ Idrissa DIABIRA, Directeur général, ADEPME : « Au Sénégal, sur 100 entreprises, il y a que 3 entreprises qui ont des états financiers »

Par Massaer DIA

En marge de la journée d’information et de réseautage sur le financement des petites et moyennes entreprises au Sénégal, organisée ce lundi 7 novembre 2022 par la GIZ et l’ADEPME, M. Idrissa DIABIRA, Directeur général, ADEPME estime qu’au Sénégal sur 100 entreprises, seules 4 entreprises ont des états financiers.

Selon M. Idrissa Diabira, Directeur général, ADEPME, demander les financements dans les banques, ce n’est pas d’avoir un beau projet et dire que j’ai besoin d’un financement. « Demander et obtenir ces financements, c’est s’assurer aussi pour l’institution financière que vous êtes une entreprise qui existe, que vous travaillez correctement avec une entreprise, que vous gagnez de l’argent, que vous êtes régulièrement enregistrés, que si on vous a fait des prêts à l’époque, vous avez la capacité de les rembourser, que lorsque vous menez un projet, on vous finance, vous êtes en capacité de l’exécuter correctement », dixit M. Diabira.

Il poursuit : « Toutes ces informations, ce sont les informations qui sont recherchées par une intuition financière. Lorsqu’elle ne les a pas, ou lorsqu’elle n’est pas en mesure de les avoir, la plupart du temps, elle s’abstient de financer même si le projet paraît magnifique, elle s’abstient de le financer. Or au Sénégal, sur 100 entreprises, il y a que 3 entreprises qui ont des états financiers, c’est-à-dire qui ont leur carnet de santé : d’où est-ce que vous venez ?  Comment vous déposez vos états financiers ? Quelles sont vos charges, quelles sont vos recettes ? La comptabilité d’une entreprise, c’est son carnet de santé de l’entreprise, c’est son histoire, c’est d’où elle vient, c’est ce qu’elle fait. Donc sur 100 entreprises, il n’y avait que 3 entreprises qui sont en mesure de vous dire, moi, l’année dernière, voilà ce que j’ai fait, et voilà ce que j’ai vendu, voilà ce que j’ai acheté, voilà comment je paye mes employés, voilà comment je gére mon entreprise ».

Selon M. Idrissa Diabira, l’accès au financement, c’est l’objet de la coopération du partenariat entre le Sénégal et l’Allemagne et tout particulièrement entre les départements du commerce et des Pme et la coopération technique allemande, à savoir la GIZ, comment faciliter l’accès des PME. Et pour le faciliter, il faut faire en sorte que les entreprises puissent être éligibles.

« Lorsqu’on demande aux banques, quel est le principal blocage pour financer les PME, elles disent qu’on n’a pas d’informations fiables sur l’entreprise. Le projet que nous menons avec la coopération allemande, cette coopération technique allemande, c’est d’aider à rendre les entreprises éligibles, c’est de favoriser la tenue de comptabilité, de faire comprendre aux entreprises, quelles sont les conditions qui sont demandées pour qu’elles puissent être financées, d’accompagner aussi les banques parce que si les PME ne connaissent pas les banques, les intuitions financières et les banques ne connaissent pas les PME. Il faut aussi former les banques à mieux connaître les PME », dira M. Diabira.

Quant à M. Severin PETERS, Directeur du projet accès au financement pour les Petites et moyennes entreprises, accès de la GIZ, il avance : « Nous travaillons avec nos partenaires sénégalais pour améliorer l’accès au financement pour les PME au Sénégal. La particularité de notre projet, c’est que nous pensons qu’il y a beaucoup de financements disponibles au Sénégal. Il y a beaucoup de banques, d’institutions de microfinance, des fonds d’investissement, l’argent est là mais les entreprises ne sont pas prés à l’accéder pourquoi parce que beaucoup d’entreprises au Sénégal n’ont pas des informations qui sont fiables, qui donnent la confiance aux institutions financières pour dire oui si, moi, je te donne l’argent, je suis sûr que ton opération marche bien et je vais récupérer l’argent ».

Il rajoute : « Mais le problème, ce n’est pas que les entreprises ne marchent bien, c’est juste l’information n’est pas là, les entreprises savent qu’elles marchent bien, les opérations fonctionnent mais il faut le prouver aux banques, aux fonds d’investissement par la comptabilité par les états financiers. Donc notre projet ne vise pas à juste ajouter plus de financements dans le système, d’adresser à ces questions techniques comment mieux accompagner les entreprises, comment réaliser que les services publics sont disponibles sur tout le territoire du Sénégal. Mais aussi comment vaincre les banques et les autres institutions financières de dire les PME, c’est une cible intéressante, pertinente pour la croissance économique du Sénégal ».

Rappelons que la « Journée du financement des PME » vise à rassembler les acteurs clés du financement des PME au Sénégal pour des discussions, des informations et du réseautage. Et le projet Accès va présenter sous formats différents les activités mènes avec différents acteurs de l’écosystème comme les Chambres de Commerce ou les institutions financières.

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