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Tribune libre/ les Coups d’Etat: Grande menace pour la démocratie et les droits de l’homme en Afrique.

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Tribune libre/ les Coups d’Etat: Grande menace pour la démocratie et les droits de l’homme en Afrique.

Par Jean de Dieu SOVON

L’Afrique vit sans doute, l’une des décennies les plus troublées et les plus sombres de son histoire après celles des périodes esclavagistes et impérialistes. Entre 1960 et 1990, les vagues des indépendances n’avaient épargné aucune de ces nations, assoiffées de liberté. Les assassinats, coups d’Etats, tueries étaient les moyens par lesquels se réglaient les différends entre colons et colonisés qui voulaient se libérer des maîtres colons. Les indépendantistes, nationalistes et panafricanistes ont été les agneaux immolés sur les autels des intérêts colonialistes.

Aucun respect des droits de l’homme ! Abus et violations des droits de l’homme, l’Afrique en a toujours connus surtout au lendemain des coups de forces perpétrés pour la préservation des intérêts égoïstes d’une certaine minorité. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, aucune nation ne peut se prévaloir d’être à l’abri. De l’apartheid en Afrique du Sud au génocide au Rwanda en passant par les conférences nationales souveraines dans beaucoup de pays… pour ne citer que ceux-là. Les populations africaines ont vécu des moments de barbaries et d’énormes atrocités humaines. Tout ceci, au nom de la conservation des pouvoirs par des minorités, de militaires souvent manipulées par des puissances coloniales.

Alors que le vent de la démocratie apporta un grand soulagement dans le quotidien des africains, la gestion des affaires de la cité semble revenir dans les mains des civils. Mais ce changement ne serait que de courte durée, si on s’en tient de nouveau aux coups d’Etat, cette fois-ci, constitutionnels qui ont survécu dans la plupart des pays de l’Afrique francophone. Pendant ce temps, ceux de l’Afrique anglophones renforçaient leurs constitutions et institutions pour permettre à la démocratie de s’enraciner. On dirait que les pays de l’Afrique surtout francophone ont une autre compréhension du concept de la démocratie.

Entre 2021 et 2022, la sous-région, a connu deux coups d’Etat au Mali, deux au Burkina Faso, un en Guinée Conakry et un en Guinée Équatoriale (bien que celui-ci fut avorté), ajoutés à celui du Tchad. D’anciens opposants plus ou moins historiques aux chefs d’Etat, certains deviennent des assoiffés de pouvoir et n’imaginaient plus la vie du pays sans eux. La non prise en compte des intérêts des populations entrainant des grognes sociales a fini par avoir raison de ces dictateurs. Champ libre pour les hommes en treillis de revenir aux affaires.

Si les contextes dans lesquels eurent lieu ces différents coups d’Etat ne furent pas les mêmes, la démocratie a pris un coup et le choc reçu par la cohésion sociale est palpable. Le schéma actuel ramène le continent à des siècles en arrière notamment aux périodes coloniales. Sans mesurer les effets sur leur liberté individuelle et collective, les peuples clament et applaudissent l’acte. Les conséquences de ces coups d’Etats constitutionnels, institutionnels et militaires demeurent les mêmes. Restriction des libertés, que cela soit liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de manifestation ; massacre des populations, tuerie des manifestants, fuite en exil de certains leaders, emprisonnement de ceux qui ont été arrêtés, disparitions de certains…

Les violations des droits de l’homme n’offensent plus personne. Elles se multiplient au contraire. Les plus vulnérables, femmes et enfants, se voient abusés et violentés sous le regard impuissant des hommes. Où se trouvent la protection, la promotion et le respect des droits de l’homme consacrés par les textes? Qui pour protéger les droits de qui ? La victoire de tant d’années de combat pour une meilleure situation des droits de l’homme semble partir en fumée au jour le jour.

Quand la recrudescence des coups d’Etat continue de mettre à rude épreuve l’enracinement de la démocratie, d’aggraver et de menacer les droits de l’homme, il urge qu’on le rappelle.

L’occasion est également à saisir pour insister sur la nécessité pour les dirigeants (présidents élus et présidents des transitions) d’user de leurs prérogatives pour faire asseoir des nations juridiquement et institutionnellement forte au lieu du culte de la personnalité. Un culte souvent basé sur le dirigeant providentiel.

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