Côte d’Ivoire/Justice: Guillaume Soro contre-attaque Michel Gbagbo

Par Emmanuel AMEGEE

C’est pour une affaire de séquestration, qui date de 2011, que Michel Gbagbo, fils de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, traine Guillaume Soro devant les juridictions françaises. Après un quatrième refus de comparaitre devant la juge d’instruction en charge du dossier, Guillaume Soro et ses avocats contre-attaquent le camp Michel Gbagbo.

Arrêté avec son père le 11 avril 2011 à Abidjan, au moment de la chute de l’ancien président, Michel Gbagbo avait été accusé notamment d’”atteinte à la défense nationale” et d’”attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat”. Neuf ans après les faits, et sa libération au nom de l’”apaisement », Michel Gbagbo entend toujours régler ses comptes avec l’ancien premier ministre ivoirien Guillaume Soro devant les juridictions françaises auréolé de sa nationalité française.  « Enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants », voilà les accusations que porte Michel Gbagbo contre Guillaume Soro. Et après plusieurs tentatives infructueuses de l’entendre, depuis neuf ans, la juge d’instruction en charge du dossier, Sabine Khéris, avait de nouveau convoqué ce mercredi 24 novembre 2021 dans l’après-midi Guillaume Soro.

En lieu et place de l’ex-chef de guerre, ce sont ses avocats qui ont répondu présents à la comparution de leur client. Sans donner plus d’information sur l’actuel lieu de résidence de leur client, Me Robin Binsard et les siens contre attaquent : Immunité de fonction, souveraineté de l’État ivoirien… Sa défense dénonce un acte qu’elle qualifie d’« illégal » et qui méprise, selon elle, « le droit international coutumier ». « La règle, c’est la coutume internationale qui s’applique, c’est que le Premier ministre bénéficie d’une immunité de juridiction : il ne peut pas être jugé en France pour des actes commis en sa qualité de Premier ministre en Côte d’Ivoire lors de ses fonctions et dans le cadre de ces mêmes fonctions », explique la défense avant de dénoncer  « un véritable harcèlement judiciaire » contre son client : « C’est la quatrième convocation en huit ans qui est adressé à M. Soro alors que la position du procureur est très claire : cette procédure est illégale, l’immunité s’oppose à ce que Guillaume Soro soit convoqué et pourtant, le juge d’instruction, contre l’avis du procureur, contre l’avis de la cour de cassation, persiste à convoquer Guillaume Soro. C’en est assez», a ajouté Me Robin Binsard. La défense de Guillaume Soro a donc décidé de contre-attaquer en déposant « une requête en nullité » pour obtenir l’arrêt de toute cette procédure explique Me Binsard, qui viole selon lui « les règles applicables » en la matière.

Réaction dans la foulée de l’un des avocats de Michel Gbagbo, Me Habiba Touré : « libres à eux de communiquer comme ils veulent », mais « de notre côté, on entend aller jusqu’au bout », a-t-elle poursuivi, en assurant « les arguments évoqués sont hors sujet en ce qui nous concerne ».

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